samedi 7 octobre 2017

Août 1992 - Françoise Hardy rend hommage à Michel Berger (Télé 7 Jours) - 2

Vous êtes pourtant restés très proches.
Je suis surtout devenue l'une de ses fans. Je n'ai jamais manqué l'un de ses spectacles ou l'un de ceux de France. Sauf le dernier, parce que je m'étais fait une entorse. J'ai tous ses disques, que j'écoute très souvent. Je lui avais adressé un petit mot pour leur disque "Double jeu", en lui disant que je l'appréciais énormément, de même que mon fils, Thomas, 19 ans, plus passionné d'habitude par Brel ou Brassens.

Il vous avait répondu ?
Aussitôt. Il s'étonnait que Thomas ait déjà passé 19 ans et qu'on ait passé tout ce temps sans se revoir vraiment. Nous avions chacun nos vies de couple. Jacques (Dutronc), d'autre part, n'a jamais tenu à ce que nous entretenions des relations avec d'autres chanteurs, sauf Gainsbourg et quelques autres. Nous ne sommes jamais devenus de vrais amis.


Vous ne l'aviez-pas revu ces dernières années ?
Il est venu seul, une fois, dîner à la maison. Lui que j'avais connu plein d'assurance était devenu à la fois plus distant, plus modeste, plus cool. Il avait mûri tout simplement, peut-être aussi parce qu'il avait souffert. Sa fragilité m'a touchée, comme son trac, encore pire que le mien lorsqu'une fois nous avions été réunis sur le plateau de Drucker. La réussite ne l'avait pas effacé, contrairement à ce que je pensais.

Vous avez du mal à cacher votre chagrin.
J'ai beaucoup de mal à accepter qu'une existence puisse être prématurément coupée. Ce qui m'apaise, c'est que Michel soit mort sans s'en apercevoir. Lui, désormais, est bien là-haut, et puis il continue d'exister à travers son œuvre. Mais France Gall ? C'est à elle surtout que je pense. Je ne la connais pas, mais j'ai beaucoup d'admiration pour l'artiste, pour son talent, sa façon de chanter. Je sais par une de nos amies communes, Mireille, combien elle est attachée à l'idéal du couple. En cela, nous nous ressemblons et la disparition de celui qu'elle aimait est une tragédie.

Isabelle CAUCHOIS

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire