mardi 15 mai 2012

Françoise Hardy et Thomas Dutronc dans Mères et fils (7ème partie)

En 2008, Françoise Hardy et Thomas Dutronc discutent ensemble à l'instigation des sœurs Massenet qui retranscrivent la rencontre dans un chapitre de leur livre "Mères et fils".

Thomas : Ma mère a régulièrement des lubies qu'elle cherche à imposer ! (Il rit.) Non, mais c'est vrai, mon père et moi avons subi ça, toute ma jeunesse en tout cas ! (Elle rit.) C'est très sympa parce que ça fait partie de son enthousiasme, mais quelquefois elle n'est pas très adroite avec ses envies de partage. Alors que mon père ne dit rien sur rien. En ne disant rien sur ce qu'il pense ou sur ce qu'il aime, il a le chic pour qu'on se dise justement : "Ah, c'est du dernier chic!"

Françoise : Oh, on ne sait jamais ce qu'il pense ou ce qu'il aime !

Thomas : Mais justement ! Toi, d'un seul coup, tu dis : "Jean-Hugues Anglade est formidable." On a envie de te dire (Il soupire.) : "Ouais, bon, bien sûr..." Ce sont de grands souvenirs de mon enfance. Par exemple, tu écoutais des chansons de Michel Berger très fort dans ta pièce. Tu mettais le son à fond, tu ouvrais les fenêtres, et nous, avec mon père, on fermait toutes les portes pour ne pas entendre !

Thomas Dutronc et Françoise Hardy

Françoise : Ton père n'a jamais cherché à nous faire partager ses goûts sur le plan musical. Jamais. Un jour, une relation amicale est venue à la maison. A ma grande surprise, il lui offre un disque de Ravel que jamais il ne m'avait fait entendre. Je ne savais même pas qu'il avait ça. Je l'ai très mal pris. Moi, à chaque fois que je voulais lui faire entendre une chanson, il n'y avait rien à faire. C'était quand même son domaine, la chanson ! Donc, je n'avais pas d'autre recours que d'écouter fort la chanson pour être sûre qu'il l'entende.

Thomas : Moi, au milieu de deux parents à moitié fous, j’essayais de maintenir mon cap, mon petit îlot de raison. C'est vrai ! A une époque, j'étais un peu rude avec toi, je n'étais pas très gentil...

Françoise : Je n'en ai pas le moindre souvenir.

Thomas : Tant mieux. Mais quelquefois, je t'envoyais un peu bouler vertement. je me rappelle que mes copains me disaient : "Oh là là ! c'est dingue ! Comment tu parles à ta maman !".

Françoise : Tu imitais ton papa qui me parlait très vertement aussi.

Thomas : Exactement. Du coup, ça me paraissait naturel. C'est bizarre.

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