samedi 13 janvier 2018

Françoise Hardy dans Hep Taxi ! - 5ème extrait

Jérôme Colin : C’est marrant en parlant de Jacques Dutronc. Vous dites mon futur veuf. Vous comptez mourir avant ?
Françoise Hardy : (rire)… Mais non. J’espère que non ! Récemment mon notaire me disait si votre époux n’avait pas la galanterie de mourir avant vous. Voilà ce qui se passerait. (rire)
Mais bon, je préfère l’appeler comme ça parce que j’ai horreur du mot « mari », « époux », tout ça, j’aime pas ces mots-là !

Jérôme Colin : C’est vrai ! Pourquoi ?
Françoise Hardy : Je sais pas. J’aime pas ça. « Mon ceci ». « Mon »… « mon »…

Jérôme Colin : Ça fait possessif ?
Françoise Hardy : Oui. Ça fait possessif.



Jérôme Colin : Vous n’êtes pas une femme possessive ?
Françoise Hardy : Même quand je l’étais, je n’avais pas besoin de souligner ce vilain trait de caractère en disant « mon fiancé, mon amoureux ». Cela dit, je dis : « mon » futur veuf…

Jérôme Colin : Mais oui !
Françoise Hardy : Mais oui, ça donne…

Jérôme Colin : C’est déjà plus péjoratif !
Françoise Hardy : Ça donne une déjà une idée de lâcher prise quand même !

Jérôme Colin : Tout à fait. Ça, ça été le cours d’une vie, le lâcher prise ?
Françoise Hardy : Il me semble que c’est le cours de tout un chacun de... On est obligé de lâcher prise petit à petit. C’est ce qu’on ne sait pas. Je dis toujours : quand on est jeune, on espère évidemment vivre le plus longtemps possible et on ne se rend pas compte qu’à partir du moment où on atteint un certain âge, tout devient difficile et éprouvant vraiment. Vraiment ! Vieillir, c’est quand même la machine corporelle, le véhicule corporel qui se déglingue et c’est vraiment pénible.

Jérôme Colin : Ça vous fatigue ça ?
Françoise Hardy : C’est pénible, c’est pénible. Il y a plein de choses. On parlait de lâcher prise. Il y a plein de choses que vous ne pouvez plus faire ou moins parce que le corps fonctionne pas bien, parce que si vous sortez trop, vous êtes épuisés. Des petites choses comme ça.

Jérôme Colin : Vous préféreriez vos 20 ans ?
Françoise Hardy : Ben oui et non, parce que je suis quand même un peu plus sereine, un peu moins tourmentée, je dirais. Voilà, c’est mieux comme formulation. Un peu moins tourmentée que quand j’étais… où je pleurais tout le temps !

Jérôme Colin : C’est vrai ?
Françoise Hardy : Oui, je pleurais tout le temps

Jérôme Colin : Ado ou déjà femme ?
Françoise Hardy : A partir de l’âge de 18 ans. A partir de l’âge de 18 ans, je pleurais tout le temps. Je pleurais très souvent pendant des années.



Jérôme Colin : Pourquoi ?
Françoise Hardy : Ben, parce que j’avais une vie qui m’amenait en permanence de me séparer de la personne avec qui j’avais envie d’être. J’avais une maturité affective qui faisait que l’autre était tout pour moi et que je ne pouvais pas supporter de le quitter.

Jérôme Colin : C’est quand vous avez commencé à chanter
Françoise Hardy : Oui. Ben Oui

Jérôme Colin : Et c’était Jean-Marie Périer…
Françoise Hardy : Oui, oui.

Jérôme Colin : Eh oui, et la séparation, cela vous faisait mal. Vous ne vous êtes jamais faite à ça ?
Françoise Hardy : Parce que j’avais quelque chose et je me disais bon : est-ce que je vais le revoir et quand je le reverrai, est-ce qu’il m’aimera encore ? J’avais toujours ces interrogations-là. Pour moi, rien n’a jamais été acquis. Rien ! Rien, ni personne bien sûre. Donc j’ai toujours vécu à cran.

Jérôme Colin : C’est angoissant, non ?
Françoise Hardy : Ben, en même temps, c’est réaliste. J’ai tellement vu de femmes… Je pense à une en particulier que je connaissais à une époque qui est totalement tombée des nues quand son mari l’a quittée alors que c’était évident de l’extérieur qu’il allait la quitter tellement elle était casse-pied.

Jérôme Colin : Mais les gens sur deux, ils sont casse-pieds. Il n’y a que les gens qui doutent...
Françoise Hardy : De toute façon, vous avez des gens qui sont adorables, parfaits, etc. et qui sont quittés pour des gens qui le sont beaucoup moins adorables qu’eux. Ça existe aussi. Ça ne veut rien dire, le fait d’être casse-pieds. J’ai fait une mauvaise connexion, là, pardon…

samedi 6 janvier 2018

Françoise Hardy dans Hep Taxi ! - 4ème extrait

Jérôme Colin : Vous êtes du genre à abandonner, vous ?
Françoise Hardy : Ah oui, s’il y a trop de difficultés. Si ça amène à faire des choses…

Jérôme Colin : Qu’est-ce que vous avez abandonné dans la vie, vous ?
Françoise Hardy : Qu’est-ce que j’ai abandonné dans la vie ? Oh, j’ai abandonné des amours par exemple. Oh, vous savez quand on est d’un seul coup très amoureux de quelqu’un. Et moi j’étais du genre à avoir des sentiments très très fort, très violents, etc. Et quand ça marche pas au bout d’un moment, vous êtes bien obligés d’abandonner. J’ai abandonné la scène aussi.



Jérôme Colin : Oui.
Françoise Hardy : C’est pas que j’avais un fort désir de faire de la scène. Mais j’ai abandonné la scène tout simplement parce que je me suis rendue compte que je n’étais pas faite pour ça.

Jérôme Colin : Alors que tous les gens qui vous ont vue, disaient, elle illuminait cette scène…
Françoise Hardy : Oui.. Mais enfin, non, non ! Il faut quand vous faites de la scène, il faut quand même avoir suffisamment de force physique. Voilà, on en revient à la faible femme. C’est vrai que moi je n’ai jamais été très costaude, hein ! Et on en revient à la force physique, mais aussi à l’aisance physique. Je n’ai jamais eu ni l’une ni l’autre. Et je n’ai jamais eu la force ni l’aisance vocale qui va avec le reste. Quand vous avez une voix, par exemple, je pense à mon futur veuf Jacques Dutronc. Il a une voix exceptionnelle. Un timbre exceptionnel. Il n’a jamais eu de problème pour chanter. Quand on entend son timbre, sa puissance vocale, etc. On sait que derrière, il y a une énergie forte. C’est une force de la nature. On sait que c’est une force de la nature. Johnny Hallyday, on peut dire ça aussi de lui. Céline Dion. Des gens comme ça. Quand vous n’êtes pas une force de la nature, la scène, c’est quand même trop difficile.

Jérôme Colin : Votre charme vient de là. C’est que vous n’êtes pas une force de la nature
Françoise Hardy : Oui mais à ce moment-là, on se contente de faire ce que j’ai fait, des disques…



Jérôme Colin : Oui mais alors, on ne vous voit plus et comment voulez-vous qu’on vous prenne dans les bras, si on ne vous voit plus ?
Françoise Hardy : Mais on ne prend pas dans les bras la personne qui passe sur scène non plus. Elle est loin. Il y a un fossé. La fosse d’orchestre, enfin.

Jérôme Colin : Il y a un contact
Françoise Hardy : Oui mais bon ! Ce sont des choses qui me sont un petit peu étrangères parce que pour moi, l’important, ce sont les chansons, c’est le fait de donner ce qu’on a de meilleur en soi et d’essayer de l’apporter à la chanson.

samedi 30 décembre 2017

Françoise Hardy dans Hep Taxi ! - 3ème extrait

Jérôme Colin : Si vous n’aviez pas pu ?
Françoise Hardy : Mais vous savez...

Jérôme Colin : Mais si vous n’aviez pas pu physiquement d’avoir un enfant ?
Françoise Hardy : Eh bien je n’en aurais pas eu. J’en aurais adopté un.




Jérôme Colin : Vous ne pouvez pas comprendre ce besoin ... ce besoin peut être égoïste, mais d’avoir un enfant et de faire un trajet de vie ….
Françoise Hardy : Dès qu’il y a un excès pareil dans un besoin, on peut être sûre que le parent est déséquilibré et on peut être sûre que ce déséquilibre, il va le transmettre à son enfant

Jérôme Colin : Mais non !
Françoise Hardy : Et puis, on sait aussi que la grossesse, ce n’est pas anodin. Vous imaginez un enfant qui se développe dans le corps d’une autre et puis qui est élevé par une autre. Enfin bon...

Jérôme Colin : Oh ben, regardez aujourd’hui dans un monde moderne, on a des familles recomposées décomposées. Le fait d’adopter …
Françoise Hardy : le fait d’utiliser un être humain pour satisfaire son désir omnipotent. Moi franchement, ça me dégoûte. Je trouve ça horrible.

Jérôme Colin : Moi je trouve que le désir d’enfants, il est effectivement égoïste, mais en même temps, il est…
Françoise Hardy : non, mais vous savez….

Jérôme Colin : Mais vous savez de génération en génération.
Françoise Hardy : Vous savez, il est naturel. Un désir d’enfant est naturel. Il n’est plus naturel à partir du moment où on est prêt à emprunter des voies absolument pas naturelles et je dirais même contre nature pour exaucer ce désir. La mère porteuse, c’est contre nature.



Jérôme Colin : Si on vit sans enfants, est-ce qu’on ne vit pas seul, Françoise ?
Françoise Hardy : Mais on peut en adopter des enfants

Jérôme Colin : Oui mais vous comprenez ce besoin, je pense, pour les gens d’avoir…
Françoise Hardy : Oui mais, si .. Vous savez tout le monde a des besoins, des désirs, etc. Il faut avoir des besoins et des désirs ajustés à la réalité. Si la réalité vous refuse d’avoir un enfant, eh bien il faut déplacer de la manière la plus équilibrée et la plus saine possible ce désir. Soit en vous occupant d’autres enfants. Vous savez, il y a toujours des enfants qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux.

Jérôme Colin : Oh ça, c’est sûr. Oh ça, c’est sûr !
Françoise Hardy : (rire)

samedi 23 décembre 2017

Françoise Hardy dans Hep Taxi ! - 2ème extrait

Jérôme Colin : Comment on fait à votre avis ? Je suis papa aussi de jeunes enfants, comment on fait pour donner les armes à un enfant pour qu’il trouve justement son chemin tout seul et le bonheur tout seul ? Ah c’est difficile !
Françoise Hardy : Moi, je ne sais pas parce que nous les parents, nous sommes des êtres humains comme les enfants d’ailleurs, et nous ne sommes pas parfaits. Donc, nous les éduquons avec tous nos défauts et surtout nos contradictions. Je crois que les contradictions, c’est ce qu’il y a de plus difficile à gérer pour un enfant. Vous savez quand un parent par exemple… Euh quand sa parole exprime quelque chose et que son visage exprime autre chose. On sait que ça, ça génère des troubles importants chez les enfants. Mais moi, il me semble que, quand on est à soi-même à peu près cohérent, à peu près correct… Voilà, il me semble que c’est la meilleure des choses pour l’enfant. Mais malheureusement, tous les parents ne sont pas comme ça. Ne sont pas équilibrés et ils n’ont pas tous les moyens d’abord de s’en rendre compte. Et ensuite de se soigner…



Jérôme Colin : En même temps, on ne fait pas des enfants à notre image, non plus. On fait de notre mieux, et puis des fois, ça ne va pas.
Françoise Hardy : Oui, d’accord. Mais vous avez des parents qui croient aimer leurs enfants et qui au nom de l’amour finalement font plus de mal que de bien. Déjà, dans le fait… euh là puisque je vois qu’il y a un livre d’Arthur Jdanov, c’est ça ? Oui, c’est ça. C’est dans Arthur Jdanov que j’ai appris ça. Ça m’a paru tellement lumineux que j’ai adhéré à ce qu’il disait. Il disait que la névrose, elle naît bien avant la naissance. Elle naît déjà dans les raisons pour lesquelles les parents vous font. Si tant est qu’il y a des raisons. Et par exemple, quand je vois des femmes qui veulent un enfant à tout prix, qui sont prêtes à passer par des mères porteuses pour avoir cet enfant à tout prix, je me dis qu’elles pensent à leur désir. Elles sont complètement sous la coupe de leur désir, et jamais elles ne pensent à l’enfant. Enfin moi, c’est mon avis. Je sais … Thomas me reproche d’avoir des avis radicaux. C’est un avis radical. Je l’exprime tel quel. Je suis scandalisée par l’histoire des mères porteuses. J’ai appris que Nadine Morano était pour et qu’elle-même n’aurait pas hésité et n’hésiterait pas à être mère porteuse pour sa fille. Je trouve tout ça, mais alors … mais alors…



Jérôme Colin : C’est vrai...
Françoise Hardy : Mais ça m’indigne au dernier degré !

Jérôme Colin : Mais vous n’avez pas eu une folle envie d’enfants. Votre ventre à un moment ne vous a pas dit : Françoise…
Françoise Hardy : Jamais je ne serais passée par une mère porteuse. Encore moins si ça avait été ma mère. Mais quelle horreur !

samedi 16 décembre 2017

Françoise Hardy dans Hep Taxi ! - 1er extrait

En septembre 2009, Françoise Hardy prenait le taxi de Jérôme Colin pour l'émission Hep Taxi de la RTBF.

Jérôme Colin : Bonjour
Françoise Hardy : Bonjour. En avant ! Je ne sais pas où. … Je n’ai aucune force… Faible femme que je suis, faible femme… (rire)

Jérôme Colin : Ça commence bien !
Françoise Hardy : Mais surtout après une heure de train, on est tellement avachis...

Jérôme Colin : Ah c’est vrai. En même temps avant, ça en prenait 3
Françoise Hardy : C’est une horreur. Comment ?

Jérôme Colin : Ça prenait 3 heures
Françoise Hardy : Alors, on devait être trois fois plus avachis. J’ai connu d’ailleurs ces temps lointains et proches en même temps.

Jérôme Colin : Quel beau cliché, hein !
Françoise Hardy : Cliché c’est sûr, beau je ne sais pas !


Jérôme Colin : J’ai déjà conduit votre fils Thomas.
Françoise Hardy : Oui, j’ai vu l’émission car j’ai une relation qui travaille à Bruxelles et qui m’a envoyé très gentiment le DVD. Donc, j’ai regardé ça il y a déjà un certain temps, et j’avais trouvé ça très très bien. Je l’avais appelé pour lui dire que j’avais trouvé ça très très bien. Chaque fois qu’il fait quelque chose, je l’appelle. Je ne l’appelle pas souvent, mais chaque fois qu’il fait quelque chose et que je le vois, j’appelle pour lui dire que c’était très bien.

Jérôme Colin : C’est vrai ?
Françoise Hardy : Oui

Jérôme Colin : Vous êtes maman collectionneuse des articles sur votre fils, etc. ?
Françoise Hardy : Euh... Oui et non. Surtout quand il fait des choses à la télévision, ça m’embête de les rater. Et je trouve de dire que c’est bien, de dire comment on a trouvé les choses parce que moi-même étant dans des émissions depuis très longtemps… On sort de là plein de doute. On ne sait pas si c’était bien ou si ce n’était pas bien. Encore maintenant ça me réconforte d’avoir des avis extérieurs, soit parce que les avis sont meilleurs que les miens, soit parce que justement ils confortent mon avis. Que mon avis soit bon ou mauvais. Ce n’est pas la question

Jérôme Colin : C’est l’immense fierté quand même...
Françoise Hardy : Oh oui, oui, je suis très fière de lui. C’est vrai ! Surtout je suis contente parce que je crois que quand on est parent, la chose qui inquiète le plus, c’est que son enfant n’arrive pas à se réaliser comme il le souhaite. C’est quand même la chose la plus importante dans la vie parce qu’on a l’impression que tout découle de là. Si on n’arrive pas à ça, si on va d’échecs en échecs, eh ben finalement, on a du mal à avoir une vie personnelle équilibrée. La santé s’en ressent aussi au bout d’un moment. Enfin, j’ai l’impression que c’est la première chose…

dimanche 10 décembre 2017

Interview pour Canal + - Partie 12

Gilles VERLANT : On peut en détailler quelques titres, comme le premier morceau qui a été extrait de cet album, "Mode d’emploi" ...

Françoise HARDY : Une chanson qui parle de communication ; parfois on parle et puis la communication ne se fait pas, soit parce qu’on parle pour ne rien dire, soit parce qu’on parle pour cacher certaines choses, soit parce que l’autre interprète ce que vous dites de travers. Et puis il y a d’autres moments où l’on ne dit rien par peur de se trahir et ce silence même vous trahit ... La communication, c’est quelque chose qui me préoccupe beaucoup parce que j’ai extrêmement peur des malentendus.

Gilles VERLANT : Un de mes titres préférés, "Un peu d’eau" ...

Françoise HARDY : Un peu d’eau parle des larmes, de quelqu’un, un homme, qui a du mal à pleurer. Les hommes ont souvent ce problème, alors que les femmes c’est le contraire, elles pleurent trop, parfois pour se décharger des problèmes, parfois pour manipuler ... La chanson parle du refus des émotions et des sentiments, le refus de l’amour qui dessèche certaines personnes au point qu’ils ne pleurent jamais ou pas assez. Dans ce contexte, l’eau des larmes est une eau de vie.


Gilles VERLANT : Dans "Les madeleines", vous vous moquez des hommes qui se font manipuler ...

Françoise HARDY : La mélodie est très naïve et tout naturellement, ça m’a inspiré un texte sur la naïveté. J’ai vu autour de moi pas mal d’hommes se faire piéger par des petites bonnes femmes extrêmement malignes. Ils sont piégés en fait par leur orgueil ou leur vanité : ils croient être amoureux, alors qu’ils sont seulement accros à l’image flatteuse, toute-puissante d’eux-mêmes, que l’autre a su leur renvoyer pour mieux les ligoter.

Gilles VERLANT : On va terminer par cette chanson qui moi aussi me file le bourdon, "Je t’aimerai toujours pour deux" ...

Françoise HARDY : En amour, la réciprocité, même quand elle semble exister, n’est jamais totale, je pense qu’il ne faut pas la rechercher à tout prix. Balavoine avait écrit une chanson magnifique sur ce sujet : l’important, n’est pas tellement d’être aimé, l’important c’est d’aimer ...

mardi 5 décembre 2017

Interview pour Canal + - Partie 11

Gilles VERLANT : Alors, parlons enfin de ce dernier album qui en a dérouté plus d’un ... une pochette en noir et rouge, des guitares saturées et un titre qui veut tout dire, "Le danger" ...

Françoise HARDY : Ce disque est différent à tous points de vue de ce que j’ai fait auparavant. J’ai l’impression que les textes vont plus loin, qu’ils sont beaucoup plus noirs, plus durs. Donc je voulais que la rupture se voie d’entrée de jeu, avec une pochette qui n’ait rien à voir avec un portrait classique, une dominante de rouge et de noir, le rouge pour symboliser toute la violence et la passion qu’expriment les textes, qui est son complément puisque quand le feu a tout ravagé, ce qui reste c’est un petit tas de cendres ...

Gilles VERLANT : Si vous êtes revenue à la musique aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est aussi parce que vous aviez envie de travailler avec des musiciens pour qui vous avez une réelle admiration comme Rodolphe Burger de Kat Onoma ou Alain Lubrano.



Françoise HARDY : On m’a fait une proposition inattendue de me signer en me dégageant par avance de la promotion que je ne souhaitais pas faire. C’était pour moi l’opportunité d’une part de poursuivre mon association professionnelle avec Alain Lubrano, avec qui je travaille depuis quelques années, d’autre part, de demander à Rodolphe Burger, leader de mon groupe favori, Kat Onoma, s’il acceptait de participer à ce disque. J’avais repéré dans ses compositions des boucles mélodiques d’une déchirante mélancolie qui me plaisent au-delà de tout et je rêvais qu’il m’en compose une ou deux de ce type ...