samedi 11 août 2018

Capricorne vs Cancer : L'histoire de Françoise Hardy (PopMatters) - (10ème extrait)

À bien des égards, elle est réaliste. Aussi tentant qu'il soit de voir ce dernier chapitre de sa vie comme son heureux dénouement, c'est plus compliqué que cela. Ça ne vaudra pas toujours la peine.
"La Chèvre de Mer est ... une figure mythologique inventée pour exprimer la nature plus ésotérique du Capricorne. [C'est] une créature divine qui possède déjà les vastes richesses de la mer et qui grimpe sur la terre pour voir comment ces ressources pourraient être mieux utilisées et transformées en substance destinée aux habitants de la Terre ... [Elle] sait que le siège réel du pouvoir et du bien être se situe au-delà du royaume de l'ego personnel ... La Chèvre de Mer a toutes les matières premières, les minéraux, et les minerais précieux de la terre à sa disposition ... Elle donnera forme à ce qui est sans forme et créera une structure à partir de laquelle beaucoup grandiront et prospéreront. - Alan Oken, Ibid.
Peut-être que tout dépend de la façon dont elle formule les choses. Le printemps 2018 voit la sortie surprise de Personne d'autre, un album de nouvelles chansons. Le single principal de l'album pourrait être l'envers de 'Tant de belles choses'. Entre des vers imprégnés d'images de l'océan ("Aucun bateau pirate ne prendra le pouvoir / Aucune étoile filante me laissera dans le noir") elle chante: "Donne-moi la main", et déclare : " Je prendrai le large ". Et dans ce dernier chapitre de la vie de Françoise, entre une expérience de mort imminente et la fin toujours proche, quelle meilleure façon de formuler les événements, quelle meilleur sens pourrait-elle en tirer ?

Peut-être que tout est superposé. Il y a tellement de facteurs que cette présentation passe sous silence - des éléments désordonnés et non divulgués de sa vie quotidienne qui contrediraient ce récit ordonné. Bien sûr, c'est plus compliqué que ça. Mais il est bon d'imaginer alors que son véhicule terrestre laissera partir son âme, comme le Capricorne lève l'ancre et trace sa route en pourchassant le vent vers un horizon lointain, qu'elle se permettra peut-être de jeter un dernier regard en arrière et sera réconfortée par la lueur de toutes les perles qu'elle nous a laissées sur le rivage.
   * * *
Sources: A l'exception de la citation concernant son apparition à la télévision, toutes les citations de Françoise sont tirées du livre. Les citations de fans français sont des traductions de conversations que Brett Marie a eues avec eux par e-mails.

Texte original :

She is in many ways a realist. As tempting as it is to see this late chapter of her life as her happy ending, it's more complicated than that. It won't always be worth the pain. "The Sea-Goat is… a mythological figure invented to express the more esoteric nature of Capricorn. [It] is a divine creature who already possesses the vast riches of the sea and who climbs up onto the land in order to see how these resources can best be used and formed into matter for the inhabitants of the Earth… [It] knows that the seat of real power and wealth lies beyond the realm of the personal ego... The Sea-Goat has all the raw materials, minerals, and valuable ores of the Earth at his disposal... He will give form to what is formless and create a structure from which many will grow and prosper." -- Alan Oken, Ibid. Perhaps it all depends on how she frames it. The spring of 2018 saw the surprise release of Personne d'autre, an album of new material. The album's lead single could be the flipside of the 'Tant de belles choses' coin. Between verses steeped in ocean imagery ("Aucun bateau pirate ne prendra le pouvoir / Aucune étoile filante me laissera dans le noir" ["No pirate ship will overpower me / No shooting star will leave me in the dark") she sings: "Prends ma main" ["Take my hand"], and declares, "Je prendrai le large" ["I will set sail"]. And in this late chapter in Françoise's life, between one near-death experience and the ever-nearing end, what better way is there to frame events, what better meaning can she make for herself out of them? Maybe it's all bunk. There's so much that this view ignores -- messy, undivulged elements of her daily life that would contradict this tidy narrative. Of course it's more complicated than that. But it's nice to imagine that, as her earthly vehicle lets her spirit go, as the Capricorn weighs anchor and charts her course, to chase the wind to some far-off horizon, perhaps she'll allow herself one last look back, and take comfort in the gleam of all the pearls she's left us on the shore. * * * Sources: Except for the TV appearance quote, all of the Francoise quotes are from the book. The quotes from French fans are translations of email conversations Brett Marie had with them.

dimanche 5 août 2018

Capricorne vs Cancer : L'histoire de Françoise Hardy (PopMatters) - (9ème extrait)

Mars 2015: Transit de Saturne en opposition au Mars natal
"Une fois que ce transit sera passé, vous garderez probablement votre tête juste un peu plus haute en sachant que vous êtes finalement assez fort pour faire face à ce que la vie vous réserve." - Leah Whitehorse, 'Transits - Saturne à l'opposé de Mars'
Bien sûr, elle n'a jamais été seule. Thomas ne l'a jamais laissée tomber. L'histoire touchante de son dévouement continu face à cette nouvelle - il a veillé régulièrement à son chevet, tenant sa main, en lisant même l'œuvre du poète Georges Brassens à sa mère alors qu'elle restait là sans connaissance - est un témoignage de plus de la force de leur lien. Et d'une certaine façon, elle s'en est sortie. Quand les médecins lui ont dit à quel point Thomas avait été à ses côtés alors qu'elle avait oscillé entre la vie et la mort, elle a dit : «J'ai fondu en larmes».

Sa guérison, telle qu'elle est décrite dans un ouvrage de 2016 intitulé Un cadeau du ciel, relevait de l'improbable, voire du miracle. Elle en accorde le mérite aux médecins (qui, alors qu'elle était à la porte de la mort, ont décidé qu'ils n'avaient rien à perdre en continuant ses traitements de chimiothérapie), à ​​Thomas, mais aussi aux prières de certains amis spirituellement élevés. Et elle a affirmé, sur le papier et dans un certain nombre de médias lors de la sortie du livre, qu'il devait y avoir une raison pour qu'elle ait recouvré une bonne santé. Cependant, interrogée à plusieurs reprises sur ce que pouvait être cette raison, elle a répondu avec emphase: "Je ne sais pas."

Au moins, elle semble reconnaissante pour les bons moments. Son don céleste est sa santé, pas seulement sa vie - elle n'apprécie pas une vie dans la douleur, et elle écrit qu'elle est une « ardente avocate » de l'euthanasie, rejetant « le culte du martyre, et l'idée de supporter des souffrances atroces et inexorables jusqu'à la fin amère. » Puisant dans les leçons d'un ami spirituel, elle se délecte du terme « rendre l'âme », utilisé pour décrire comment le corps épuisé - le véhicule de l'âme - libère l'âme de ses entraves physiques au moment de la mort.

Texte original :

March, 2015: Transiting Saturn Opposite Natal Mars

"Once this transit passes, you'll probably hold your head just that little bit higher knowing that you're finally strong enough to deal with whatever life throws at you." -- Leah Whitehorse, 'Transits -- Saturn Opposite Mars'
Of course, she was never alone. Thomas never let her down. The touching story of his continued devotion in the face of this news -- he kept a regular vigil at her bedside, holding her hand, even reading the work of poet Georges Brassens to his mother as she lay there unconscious -- is one more testament to the strength of their bond. And somehow, she pulled through. When doctors told her just how much Thomas had been at her side as she'd hovered between life and death, she says, "I burst into tears."

Her recovery, as depicted in a 2016 work of memoir Un cadeau du ciel [A Gift from Heaven], was unlikely, even miraculous. She gives credit to her doctors (who, while she lay at death's door, decided they had nothing to lose by continuing her chemotherapy treatments), and to Thomas, but also to the prayers of certain spiritually elevated friends. And she asserted, on the page and on a number of media outlets upon the book's release, that her good health must have been restored for a reason. But, asked over and over what that reason was, she answered emphatically: "I don't know."

She seems grateful for the good times, at least. Her heavenly gift is her health, not merely her life -- she doesn't value a life in pain, and she writes that she is a "staunch advocate" of euthanasia, rejecting "[t]he cult of martyrdom, and the idea of enduring atrocious and inexorable suffering to the bitter end." Drawing from the lessons of a spiritual friend, she delights in the term 'rendre l'âme' ['to return the soul'], used to describe how the spent body -- the vehicle for the soul -- releases the soul from its physical shackles at the moment of death.

samedi 28 juillet 2018

Capricorne vs Cancer : L'histoire de Françoise Hardy (PopMatters) - (8ème extrait)

9 mars 2015: Transit d'Uranus en opposition avec la Lune natale
"Ce transit peut signifier des événements soudains dans votre vie personnelle et émotionnelle et des changements soudains dans votre maison. La pression des circonstances révélera vos schémas émotionnels inconscients, et vous apprendrez à gérer votre vie avec moins d'habitudes et avec des comportements inconscients inappropriés." - Robert Hand, Planètes en transit  
Parfois, le prix du grand art est une grande souffrance. D'une certaine manière, Françoise a écrit 'Tant de belles choses' à crédit. Elle paiera cher au cours des années suivantes.
'Tant de belles choses' traite de la mort. Elle ne dit rien sur la vie avec le cancer, ou les problèmes intestinaux, et la fragilité croissante qui limitait sa mobilité. Françoise a lutté pendant des années pour continuer à écrire et à enregistrer. Avec le temps, de simples sorties de son appartement parisien devinrent des luttes en soi. À l'occasion de son 70e anniversaire en 2014, elle a fortement insisté sur sa retraite de la musique. À l'hôpital pour un traitement en 2015, elle est tombée dans la douche, sombrant dans un coma de trois semaines. Les médecins ont dit à son fils Thomas de se préparer à sa mort.

"Très souvent", a-t-elle déclaré lors de l'émission "L'Invité" à la télévision française, nous entendons parler de personnes en train de mourir ayant une sorte d'illumination, ce que nous appelons une EMI, une "expérience de mort imminente". Comme un aimant, ils ne craignent plus la mort, parce qu'ils savent que la mort est cette lumière extraordinaire. Mais elle ne peut pas prétendre être aussi chanceuse. Le souvenir le plus lucide qu'elle puisse offrir est une hallucination induite par la morphine d'être piégée dans une boîte, d'être étouffée, enterrée vivante, alors que les médecins retiraient un tube de ventilation.

Alors, cela v
alait-il la peine ?


 


Texte original :

9 March 2015: Transiting Uranus Opposite Natal Moon
 "This transit can signify sudden events in your personal and emotional life and sudden changes in your home. The pressure of circumstances will reveal your unconscious emotional patterns, and you will learn to handle your life with fewer habits and inappropriate unconscious behaviour patterns." -- Robert Hand, Planets in Transit
Sometimes the price of great art is great suffering. In a way, Françoise wrote 'Tant de belles choses' on credit. She would pay dearly over the ensuing years. 'Tant de belles choses' deals with death. It says nothing about living with cancer, or intestinal problems, and the increasing frailty that restricted her mobility. Françoise struggled for years to continue writing and recording. In time, simple excursions from her Paris apartment became struggles in themselves. Around her 70th birthday in 2014, she hinted strongly at her retirement from music. In the hospital for treatment in 2015, she fell in the shower, knocking herself into a three-week coma. Doctors told her son Thomas to prepare for her death. "Very often," she told French TV's L'Invité "we hear about people at the point of dying having a sort of illumination, what we call an N.D.E., a 'near-death experience', where they see an extraordinary light that pulls them like a magnet, and afterward they're no longer afraid of death, because they know that death is this extraordinary light." But she can't claim to be so lucky. The most lucid recollection she can offer is a morphine-induced hallucination of being trapped in a box, of being suffocated, buried alive, as doctors removed a ventilator tube. Alors. Valait-il la peine?

dimanche 22 juillet 2018

Capricorne vs Cancer : L'histoire de Françoise Hardy (PopMatters) - (7ème extrait)

« Ma mère est morte en novembre 2005. J'allais la voir tous les après-midi et ils me laissaient rester jusqu'à 9 heures du soir, elle me regardait partir avec un air implorant après m'avoir tenu la main. Je ne savais pas que je la voyais vivante pour la dernière fois. Elle a lâché ma main sans pouvoir dire "à demain". Je ne sais pas si cette chanson m'a aidé, mais c'est inextricable de cette épreuve. et j'espère que ma mère aurait pu s'identifier avec toutes les paroles. " - Pierre, graphiste, Paris

« Au début de l'année 2006, j'ai perdu ma sœur d'une manière aussi brutale qu'inattendue. J'étais empli d'une détresse immense. Mon chagrin emplissait mes pensées sans discontinuer. ... Les chansons de Françoise Hardy, notamment 'Tant de belles choses' m'ont aidé. Dans le contexte de cette perte d'un être cher, la chanson prenait une dimension nouvelle : ce n'était plus seulement une chanson qu'une personne sur le point de mourir chantait à un être cher ... C'était maintenant quelqu'un de très proche de moi qui, par la voix de Françoise Hardy, m'envoyait un message de l'au-delà : « L'amour est plus fort que la mort ».
Jérôme, courtier d'assurances, Versailles

Françoise a écrit 'Tant de belles choses' en craignant de ne pas passer l'année. Elle n'aurait sûrement pas pu prédire le supplice de voir sa santé décliner au cours de la décennie suivante. Le désespoir des singes se termine en 2008, année où elle a achevé la version française. On aurait pu ajouter un additif : en approchant de la fin de sa vie, la Françoise d'il y a dix ans aurait pu frémir à l'idée que le pire de ce supplice restait à venir.

Texte original :

"My mother died in November 2005. I would go to see her every afternoon and they would let me stay until 9 o'clock. Every evening she would watch me leave with an imploring look after having held my hand. On November 15th, I didn't know that I was seeing her alive for the last time. She let go my hand without being able to say "until tomorrow." I don't know if that song helped me, but it's inextricable from that ordeal. I think and I hope that my mother could have identified with all of the lyrics." -- Pierre, graphic artist, Paris"
At the beginning of 2006, I lost my sister in a manner as brutal as it was unexpected. I was filled with an immense distress. My grief filled my thoughts without letup. Françoise Hardy's songs, particularly 'Tant de belles choses', helped me to find some peace. In the context of this loss of a loved one, the song took on a new dimension. It was no longer just a song that someone close to death was singing to a loved one... It was now someone very close to me who, through the voice of Françoise Hardy, was sending me a message from the hereafter: 'Love is stronger than death.'" -- Jérôme, insurance broker, Versailles
Françoise wrote 'Tant de belles choses' fearing that she might not live out the year. She surely couldn't have predicted the anguish of watching her health decline over the ensuing decade. The Despair of Monkeys ends in 2008, the year she completed the French edition. It could have used an addendum: coming to terms with the winding-down of her life, the Françoise of ten years ago might have cringed at the thought that the worst of that anguish was yet to come.

samedi 14 juillet 2018

Capricorne vs Cancer : L'histoire de Françoise Hardy (PopMatters) - (6ème extrait)

Janvier 2004: Transit de Pluton en trigone avec le Jupiter natal
Vous êtes soucieux de l'amélioration de l'environnement pour qu'il soit plus en accord avec vos idéaux. Vos actions sont guidées par votre vision globale de la façon dont le monde devrait être. Vous pouvez travailler dans un contexte amical, avec des voisins, des parents ou des associés professionnels, ou vous pouvez travailler à plus grande échelle dans une communauté ou dans la société dans son ensemble. Aucune personne qui vient à vous pour vous aider ne sera récusée. - Robert Hand, Ibid.
Et puis elle est tombée malade. La visite d'un médecin en 2004 a conduit à un diagnostic de lymphome. "Je me sentais comme si j'entendais ma condamnation à mort", nous dit-elle dans Le désespoir des singes. Toute sa vie, et dans une grande partie de sa musique, elle avait analysé ses relations, ses échecs et ses tourments pour en rechercher la signification. Maintenant, avec elle dans la pièce - à l'intérieur même de son corps - il y avait la Mort, cette destructrice de sens. Mais aussi mal qu'elle-même aurait pu prendre la tournure des événements, c'est la réaction de son fils à la nouvelle qui l'a poussée à réagir.

" Le chagrin et l'anxiété de mon merveilleux Tom à propos de ma maladie m'ont torturé si profondément que je ne pouvais penser à rien d'autre ", écrit-elle. "Je voulais laisser un message d'espoir sur la vie et la mort que Thomas pourrait écouter, et le réconforter quand je ne serais plus là."

Sa solution était naturelle. Faisant appel à toute la sagesse qu'elle avait accumulée au cours de sa vie, elle l'a canalisée dans des paroles de chansons. Le résultat fut le tour de force réalisé avec 'Tant de belles choses'. Pendant des décennies, Françoise avait cherché des réponses de toutes sortes: pratiques, philosophiques, spirituelles. 'Tant de belles choses' est une mine de toutes les réponses importantes qu'elle a recueillies en cours de route. Cette chanson, qui commence avec un indice de perte et de chagrin à venir ("Même s'il me faut lâcher ta main"), continue à rappeler à l'auditeur de toutes les façons dont l'amour et la vie valent cette douleur. Les plus importantes sont les paroles changeantes du refrain: "Tu as tant de belles choses devant toi" ; "L'amour est plus fort que la mort".


Texte original :

January, 2004: Transiting Pluto Trine Natal Jupiter.
You are concerned with improving conditions so that they are more in accord with your ideals. Your actions are guided by your highest vision of how the world ought to be. You may work within the context of your friends, neighbors, relatives or professional associates, or you may work on a broader scale in the community or society as a whole. No one who comes to you for help will be turned away. -- Robert Hand, Ibid.
And then she got sick. A doctor's visit in 2004 led to a diagnosis of lymphoma. "I felt like I was hearing my death sentence," she tells us in The Despair of Monkeys. All her life, and in much of her music, she had parsed her relationships, her failings and her tribulations for meaning. Now, here in the room with her -- in her very body -- was Death, that annihilator of meaning. But as badly as she herself might have taken the turn of events, it was her son's reaction to the news that spurred her to action.
"My wonderful Tom's grief and anxiety about my illness tortured me so deeply I could think of nothing else," she writes. "I wanted to leave a message of hope about life and death that Thomas could listen to, and give him comfort when I was no longer there."
Her solution was natural. Martialing all of the wisdom she had gathered in her lifetime, she channeled it into song lyrics. The result was the tour-de-force 'Tant de belles choses'. For decades, Françoise had sought answers of all kinds: practical, philosophical, spiritual. 'Tant de belles choses' is a trove of all the important answers she'd picked up along the way. This song, which begins with a hint of loss and heartache to come ("Même s'il me faut lacher ta main" ["Even if I must let go your hand"]), goes on to remind the listener of all the ways in which love and life are worth that pain. Most important are the shifting lyrics of the refrain: "Tu as tant de belles choses devant toi" ["You have so many beautiful things before you"]; "L'amour est plus fort que la mort" ["Love is stronger than death"].

samedi 7 juillet 2018

Capricorne vs Cancer : L'histoire de Françoise Hardy (PopMatters) - (5ème extrait)

16 juin 1973 : Transit de Vénus en sextile avec l'ascendant natal
Une relation amoureuse peut commencer sous un tel transit. - Robert Hand, Ibid.
La romance de Françoise avec le photographe Jean-Marie Périer, le paradoxe de son mariage tendu avec Jacques Dutronc et de leur indéfectible amitié - tout est dans Le Désespoir des singes, y compris les commentaires sur son attirance pour Mick Jagger, sa brève rencontre avec Bob Dylan, et une ou deux rencontres illicites avec des amants qui, affolés, restent anonymes. Mais ceci est l'histoire d'une vie, pas d'un amour, et aucun personnage ne peut prétendre au titre d'âme sœur.

D'ailleurs, le livre précise, que s'il y a un amour dans la vie de Françoise, c'est son fils, Thomas, né de son union avec Jacques Dutronc en 1973. Alors qu'elle passe plus d'une nuit blanche dans les profondeurs du désespoir sur l'un ou l'autre de ses prétendants, les histoires qu'elle raconte sur Thomas sont remplies de chaleur et de tendresse.

Elle écrit : "le cadeau de son premier sourire, un moment inoubliable." Au milieu de sa carrière, de ses hauts et ses bas conjugaux au cours des 20 années suivantes, d'une retraite de la musique dans les années 80 et d'un retour dans les années 90, les banals passages domestiques impliquant son garçon en pleine croissance sont un doux contrepoint. L'anxiété qu'elle décrit lorsque Thomas décide de poursuivre une carrière musicale, sa joie quand il y parvient, tout cela vient de cet espoir prudent et altruiste qui accompagne l'amour parental. Elle dédie Le désespoir des singes à Thomas. La photo finale sur papier glacé au milieu du livre est une photo de Thomas, légendée : "... son expression me fait fondre." Thomas ne l'abandonne jamais.

Texte original :

16 June 1973 : Transiting Venus Sextile Natal Ascendant
A love relationship may start under such a transit. -- Robert Hand, Ibid.

Françoise's romance with photographer Jean-Marie Périer, the paradox of her fraught marriage and enduring friendship with Jacques Dutronc -- it's all there in The Despair of Monkeys, along with observations on her attraction to Mick Jagger, her brief audience with Bob Dylan, and one or two illicit encounters with lovers who, maddeningly, remain anonymous. But this is the story of one life, not one love, and no one character can claim the title of Soulmate.
Besides, the book makes clear, if there is one love of Françoise's life, it's her son, Thomas, born to her and Jacques Dutronc in 1973. While she spends more than one nuit blanche in the depths of despair over one or another of her suitors, the stories she tells of Thomas are filled with warmth and tenderness.
She writes of "the gift of his first smile, an unforgettable moment." Through her career and marital ups and downs over the next 20 years, a retreat from music in the '80s and a resurgence in the '90s, the mundane domestic passages involving her growing boy are a sweet counterpoint. The trepidation she describes when Thomas decides to pursue a music career, her delight when he succeeds at it, all of it comes from that cautious, selfless hope that accompanies parental love. She dedicates The Despair of Monkeys to Thomas. The final glossy photo in the book's middle is a photo of Thomas, captioned: "... his expression makes me melt." Thomas never lets her down.

samedi 30 juin 2018

Capricorne vs Cancer : L'histoire de Françoise Hardy (PopMatters) - (4ème extrait)

Parmi les nombreuses questions du désespoir des singes, une se détache: « Je me suis souvent demandé, » médite-t-elle dans un passage sur sa vie amoureuse, « si j'aurais été mieux lotie si j'avais été assez équilibrée pour satisfaire mes propres besoins avant de satisfaire ceux de mes partenaires, plutôt que de passer ma vie à compenser mes frustrations ridicules en créant des chansons.. " Dans ses mots, se trouve une question qui a pris de l'ampleur depuis que le tout premier amant a écrit la toute première chanson d'amour, depuis aussi longtemps que les êtres humains ont sublimé leur souffrance et l'ont façonnée en grand art. Distillée à elle-même, sa question est : Cela vaut-il la peine ?
Il ne devrait pas être considéré comme impensable que l'on puisse retirer des connaissances utiles et des reliques sacrées de la folie astrologique et de l'impiété ... Dans cet énorme tas de vers de terre, on trouve des vers à soie ; et, finalement, de ce tas de fumier nauséabond, une poule diligente peut parvenir de temps à autre à dénicher une graine de grain, voire même une perle ou une pépite d'or. - Johannes Kepler
L'astrologie est une méthode qu'elle a trouvée pour trouver des réponses. Mais peut-être que tout est superposé. Avec autant de planètes qui se déplacent dans le ciel, tant de textes pour interpréter ce que signifient leurs "transits", est-ce que les adeptes ne sont-ils pas simplement en train de choisir dans leurs horoscopes seulement les passages vaguement formulés qui leur sont applicables, sans tenir compte du reste ?

Elle ne va pas trop loin. "Je me méfie des astrologues en général", nous disent ses mémoires, "et de l'astrologie prédictive en particulier." Son intérêt relève davantage de l'exercice philosophique. Elle voit ces graphiques, ces transits, ces éléments, comme des outils de cadrage. Comme le reste de ses recherches philosophiques, ce sont des moyens pour agencer les éléments disparates de sa réalité, pour établir l'ordre et la signification des événements de sa vie qu'elle ne parviendrait pas à distinguer autrement.

28 octobre 1962: Transit de Mercure en conjonction avec la Lune natale
C'est le meilleur moment pour exprimer vos sentiments et vos émotions ... Avec ce transit, vous vous sentez obligé à communiquer à tous les niveaux, pas seulement avec votre esprit ... Les distinctions logiques ne vous intéressent pas beaucoup en ce moment ... Vous voulez savoir ce que les gens ont en commun plutôt que ce qui les rend différents, et vous rechercherez une approche pouvant être partagée avec tout le monde. - Robert Hand, Planètes en transit (Para Research, 1976)
Un dimanche soir, à l'automne, une jeune fille yéyé de Paris, jeune et mignonne, avec quelques titres aux ventes modestes, est apparue à la télévision française pour chanter sa ballade amoureuse adolescente "Tous les garçons et les filles". Une apparition à la télévision est un événement assez important pour un artiste, mais il se trouve que le public français avait voté ce jour-là pour un référendum historique, et, cette nuit là, toute la France était à l'écoute de la seule chaîne du pays pour le décompte des voix. Une nation divisée sur le plan politique était apparemment unanime à reconnaître la solitude d'une adolescente sans attaches ; "Tous les garçons et les filles" rencontra le succès du jour au lendemain.



La succession de succès qui suivirent ('La maison ou j'ai grandi', 'Ma jeunesse pour le camp', et plus encore) la vit devenir un nom connu dans le monde entier. Son sens du style et sa figure de mode des années 60 en ont fait autant une icône de la mode qu'une vedette de la musique-business. Mais aussi glamour que devienne sa vie professionnelle, aussi prestigieuse ses romances (d'abord avec le photographe pop Jean-Marie Périer, et plus tard, pendant des décennies, avec le chanteur Jacques Dutronc), le style de vie des célébrités ne lui plaisait pas. Même chanter devant un public en direct ne lui a pas donné la joie d'une interprète. « Ma première et unique ambition était d'enregistrer », écrit-elle, « et c'était la seule chose qui m'intéressait vraiment : la scène, les séances photo, les émissions, les interviews étaient autant de corvées dont je pouvais vraiment me passer." Vers la fin des années soixante, elle a cessé de se produire en public.

Texte original :

Among the many in The Despair of Monkeys, one question stands out: "I have often wondered," she muses in a passage about her love life, "if I would have been better off if I had been balanced enough to put satisfying my own needs ahead of satisfying those of my partners, rather than spending my life compensating for my ridiculous frustrations by creating songs." Within her words sits a question that has reared its head since the very first lover wrote the very first torch song, for as long as human beings have taken their suffering and fashioned it into great art. Distilled, her question to herself is: Vaut-il la peine? Is it worth the pain? It should not be considered unbelievable that one can retrieve useful knowledge and sacred relics from astrological folly and godlessness... In this enormous heap of worm-castings there are silk-worms to be found; and, finally, out of this foul-smelling dung-heap a diligent hen can scratch up an occasional grain-seed -- indeed, even a pearl or a gold nugget. -- Johannes Kepler Astrology is one method she's found for finding answers. But maybe it's all bunk. With so many planets moving through the sky, so many texts for interpreting what their 'transits' mean, aren't believers merely cherry-picking from their horoscopes only those vaguely-worded passages that happen to apply to them, and disregarding the rest? She doesn't go overboard. "I distrust astrologers in general," her memoir tells us, "and predictive astrology in particular." Her interest is more of a philosophical exercise. She sees these charts, these transits, these aspects, as framing tools. Like the rest of her philosophical pursuits, they are ways of arranging the disparate elements of her reality, of establishing order and meaning to events in her life where otherwise she might see none. 28 October 1962: Transiting Mercury Conjunct Natal Moon This is the best possible time to express your feelings and emotions… With this transit you have to communicate on all levels, not just with your mind… Logical distinctions do not interest you very much at this time… You want to know what people have in common rather than what makes them different, and you will seek an understanding that you can share with everyone. -- Robert Hand, Planets in Transit (Para Research, 1976) On a Sunday evening in autumn, a sweet, lanky young yé-yé girl from Paris, with a couple of modest-selling singles to her name, appeared on French television to sing her lovelorn teen ballad 'Tous les garçons et les filles' ['All the Boys and Girls']. A TV appearance is a big enough event for an artist on its own, but it just so happened that the French public had voted that day in a landmark referendum, and all of France was tuned into the country's only station that night, while they waited for the vote tally to come in. A nation divided in politics was apparently unanimous in recognizing the loneliness of an unattached teenager; 'Tous les garçons et les filles' became a smash hit overnight. The parade of hits that followed ('La maison ou j'ai grandi', 'Ma jeunesse fout le camp', and more) saw her become a household name around the world. Her sense of style and '60s-era model figure made her as much an icon of fashion as a music-business star. But as glamorous as her professional life became, as high profile as her romances were (first with pop photographer Jean-Marie Périer, and later, for decades, with singer Jacques Dutronc), the celebrity lifestyle held no appeal to her. Even singing in front of a live audience gave her none of the joy a performer ought to feel. "My first and only ambition had been to record," she writes, "and this was the only thing that truly interested me. The stage, the photo sessions, the programs, the interviews were all so much drudgery that I really could do without." Around the close of the sixties, she stopped performing live.