samedi 1 septembre 2018

Françoise Hardy dans Hep Taxi ! - 15ème extrait

Jérôme Colin : J’ai un livre de citations de Jacques Dutronc chez moi où il dit : à la maison avec Françoise, on partage les tâches. J’amène la poussière, elle la nettoie.
Françoise Hardy : Oui, oui, mais vous savez, c’est le droit de la boutade. Il n’est pas du tout comme ça dans l’intimité. 

Jérôme Colin : Non ?!
Françoise Hardy : Non, non, non. Et même… 

Jérôme Colin : Est-ce que c’est un petit cœur ?
Françoise Hardy : Un petit cœur ? 

Jérôme Colin : Est-ce qu’il a un petit cœur tout fragile ?
Françoise Hardy : Je ne crois pas ! 



Jérôme Colin : Est-ce qu’il est tout doux, romantique ?
Françoise Hardy : Je crois qu’au fond de lui, il est comme ça. Mais il le garde vraiment au fond de lui. Sinon, il n’est pas trop comme ça. Enfin si ! Il l’a été en partie. Mais maintenant notre relation a beaucoup changé, vous savez. 

Jérôme Colin : Et c’est marrant ce que vous dites ! J’ai été amoureuse pendant 20 ans
Françoise Hardy : Oui 

Jérôme Colin : Et vous savez quand ça s’est arrêté, l’amour ?
Françoise Hardy : Oui, je sais. Oui, je sais 

Jérôme Colin : C’est vrai ?
Françoise Hardy : Oui. Ça s’est arrêté tout d’un coup. Alors que je ne pouvais pas l’imaginer moi-même que ça s’arrête jamais. Oh j’adore par ici. Nous ne sommes pas loin de l’UCP n’est-ce pas ? 

Jérôme Colin : Non, pas très loin. Effectivement. C’est là-bas devant.
Françoise Hardy : Oh j’adore ces petites maisons tout ça. Ces petits immeubles, plus que des maisons. Non, ce sont des maisons. Je ne sais pas. Mais oui, oui, l’amour ça peut s’arrêter brutalement du jour au lendemain. Mais en réalité, quand ça s’arrête brutalement du jour au lendemain, évidemment, c’est un peu comme une maladie, ça fait en général beaucoup de temps que des choses n’allaient pas et à force de ne pas aller, et d’un seul coup, on reporte le besoin d’aimer sur quelqu’un d’autre, quoi. C’est terrible ! Mais c’est comme ça. 

Jérôme Colin  : Et ça s’est arrêté le jour où vous avez eu un flash pour quelqu’un d’autre ou ça s’est arrêté parce que ça s’est arrêté.
Françoise Hardy : Ça s’est arrêté parce que j’ai eu un flash pour quelqu’un d’autre. D’ailleurs... Un flash… Il n’y a pas eu de suite. Enfin, ça a été juste un flash. Mais un flash qui a duré dans ma tête assez longtemps, quoi. Donc, évidemment quand vous flashez sur quelqu’un d’autre, vous ne ressentez plus les mêmes choses, les mêmes sentiments que pour la personne qui a précédé 

Jérôme Colin : Comment on se pardonne tout ?
Françoise Hardy : Comment ?



Jérôme Colin : Comment on se pardonne tout ! Et est-ce qu’on se pardonne tout ?
Françoise Hardy : Vous savez, je ne me pose pas la question. C’est comme ces journalistes qui vous disent : est-ce que vous vous aimez ? Je crois que vous ne vous aimez pas. Je ne me suis jamais posée la question de m’aimer, de ne pas m’aimer, de pardonner, de ne pas me pardonner. Évidemment comme j’ai une éducation religieuse, je culpabilise assez facilement. Il y a des choses où je pense que je ne me suis pas très bien comportée. Mais bon. Comment dire... En même temps, je sais qu’à cette époque-là, je ne pouvais pas me comporter autrement donc, ça sert à rien de s’appesantir là-dessus.

Jérôme Colin : Ah non ! 
Françoise Hardy : Bon on regrette ! Quand on y pense, on se dit bon voilà, je ne me suis pas bien comportée. Et de toute façon, personne ne peut bien se comporter pendant toute une vie. Sinon, il ne s’incarne pas sur cette planète parce que sur cette planète, on est là pour apprendre et pour se perfectionner. Et à partir du moment où on est là pour se perfectionner, cela veut dire qu’on est très imparfait à la base.

Jérôme Colin : Oh que oui ! 
Françoise Hardy : N’est-ce pas ?

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